Diabète Type 1 et Cie

Deuxième diaverssaire de Cocotte sucrée

Deuxième diaverssaire de Cocotte sucrée

IMG_2292Aujourd’hui c’était le diaverssaire de ma Cocotte sucrée. Hey oui, deux années déjà se sont écoulées depuis que le diagnostique est tombé et on a l’impression que ça fait des lustres. Quand le doute que quelque chose ne tournait pas trop rond avec la santé de notre Cocotte, on était à Québec pour nos vacances. Je me souviens qu’elle buvait beaucoup trop. Elle n’arrivait plus à se rendre jusqu’à la toilette, elle se levait la nuit pour boire de l’eau en cachette, elle n’avait plus d’énergie, elle ‘avait plus d’appétit et elle s’endormait en claquant des doigts pratiquement, alors que d’habitude ça pouvait lui prendre 2 heures à trouver le sommeil. Deux mois auparavant, la Cocotte avait été opérée pour lui retirer ses amygdales, lui mettre des drains dans les oreilles et pour une adénoïdectomie. Elle s’est mise à boire beaucoup d’eau suite à l’intervention et plusieurs fois, on nous a dit que c’était normal suite à ce genre d’opération d’avoir la gorge très sèche. Après un suivi post-opératoire, on m’avait dit que Cocotte faisait une fixation sur l’eau, que c’était devenu un cercle vicieux et qu’il fallait le casser alors, on est parti en vacances pour Québec avec la ferme intention de mettre un terme à cette fixation de l’eau. La Cocotte, ne voulait plus marcher, on s’est résignés à la laisser s’assoir dans la poussette malgré ses 4 ans et elle a fait un pipi dedans. Quand elle s’échappait, s’était comme si elle ne pouvait plus fermer ce petit robinet qui venait de s’ouvrir. Elle n’avait plus aucun intérêt pour rien. À l’aquarium de Québec, elle voulait retourner à la maison, rien ne l’impressionnait. Je me souviens clairement lui avoir dit avec regrets qu’elle nous gâchait nos vacances, qu’elle ne pensait qu’à elle, qu’elle ne faisait aucun effort. Imaginez la culpabilité que j’ai ressentie le soir du diagnostique.

Bref, on a écourté notre séjour pour revenir d’urgence à la maison et la première chose que j’ai fait en arrivant, a été d’aller sur internet et de taper les symptômes dans le moteur de recherche. C’est là que je suis tombé sur signes et symptômes du diabète. Le déclic s’est fait dans ma tête, grand-papa est diabétique. Vite vite info santé pour nous faire dire de se rendre d’urgence à l’hôpital le plus près. La Cocotte s’était endormie en mettant les pieds dans la maison, incapable de la réveiller, on a laissé notre petit loup chez mon beau-frère et on s’est rendu aux urgences. En passant au triage je n’ai dit qu’une chose : « Possibilité de coma diabétique » en espérant que ce ne soit pas le cas, que j’me trompait, que ça pouvait pas nous arriver, que j’avais mis un enfant au monde en santé. Eh oui, on crois toutes naïvement que parce qu’on met au monde un enfant en santé que ouff, on l’a échappé bel, l’affaire est dans l’sac; mon enfant à dix doigts, dix orteils, « chu safe ». J’avais jamais osé imaginer que mes enfants pourraient développer un problème de santé, de peur de « caller la shot ». En tout cas, ça pas été long. Un petit pique pique sur le bout d’un doigt, le premier d’une série interminable; moi qui craignais les aiguilles comme les chats craignent l’eau froide et avant même d’avoir eu le temps de prendre deux grandes respirations, elle était déjà couchée sur une civière. L’HORREUR. Voir son enfant peut-être entre la vie et la mort sur ces lits qui peuvent autant accueillir la vie que la mort c’est être en plein cauchemar et tout comme quand on m’a annoncé que mon papa était « parti », j’ai espéré me réveiller au plus sacrant de ce mauvais rêve quand on m’a dit qu’on étaient arrivés juste à temps avant un coma.

J’ai pleuré ma vie toute seule à l’hôpital au chevet de ma fille cette nuit là parce que papa Barberousse devait aller s’occuper de notre petit loup et organiser les prochains jours à suivre. J’peux vous dire que cette expression là a prit tout son sens cette nuit là parce que j’ai non seulement pleuré ma vie mais également celle qui s’annonçait pour ma Cocotte qui me semblait si petite et innocente pour vivre déjà de si gros défis dans la vie. Bien entendu, j’me suis sentie coupable de toutes sortes d’affaires, de l’avoir empêché de boire de l’eau alors qu’elle était en train de s’empoisonner; de lui avoir dit qu’elle était en train de « scraper » nos vacances; de lui avoir fait manger du Nutella pis des bonbons; de ne pas l’avoir vu dépérir; de ne pas avoir allumé plus tôt; d’avoir écouté Barberousse me dire que je capotais pour rien, moi la mère poule… Les semaines qui ont suivis ont été pénibles et lourdes avec toute l’information à assimiler mais Cocotte elle, a fait ça comme une grande et elle s’est rarement battue contre nous pour les injections. Quand le temps est venu de la mettre sous pompe, elle s’est adaptée très rapidement contrairement aux glycémies qui continuaient à en faire à leur tête.

Cocotte aujourd’hui a dit à une amie qu’elle était malade et j’ai dû la reprendre en lui disant qu’elle avait une condition de vie et non une maladie, qu’elle pouvait vivre normalement et faire tout ce qu’elle voulait à condition de prendre soin de sa santé comme tout le monde devrait le faire. Elle m’a regardé avec un sourire et a approuvé la correction. Le diabète, n’est pas une maladie ni un handicap, ça devient, avec le temps bien sûr, un style de vie que l’on peut très bien vivre à certaines conditions. J’ai appris à vivre la vie au jour le jour avec ses hauts et ses bas comme avec les glycémies de ma puce et quand un pépin nous tombe dessus, je réagis comme quand on Cocotte est en hyperglycémie : je corrige.

Ma Cocotte, je suis très fière de toi. Cet été tu as constaté que tu n’étais pas la seule petite fille diabétique sur la planète terre en allant au Camp Carowanis. Tu fais déjà tes glycémies seule avec notre aide et tu essais de t’impliquer de plus en plus lors d’un changement de pod. Tu es une fillette pleine de joie de vivre, d’imagination et de talent.

Bon 2ième Diaverssaire que l’on s’efforce de rendre spécial pour toi !

P.S .

Et toi mon petit loup, nous de félicitons d’accepter tous ces petits moments où l’on doit s’arrêter pour vérifier la glycémie de ta grande sœur.


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